Vingt ans jour pour jour ou presque après avoir quitté le Quartier Latin International pour voler de ses propres ailes, Fally Ipupa a choisi de célébrer l'anniversaire en grand format. Le chanteur congolais a publié le 18 septembre XX : Délirium, second volet d'un diptyque ouvert en avril avec un premier disque simplement intitulé XX. Deux chiffres romains, deux décennies de carrière solo, et un projet-fleuve qui refuse de choisir entre la rumba des origines et les rythmiques taillées pour les clubs.

Un diptyque qui a déjà écrit une page d'histoire

Le premier volet n'était pas passé inaperçu : en se hissant en tête du Top Albums du SNEP au printemps, il a fait de Fally Ipupa le premier artiste africain à décrocher cette place en France. Une performance qui en dit long sur la trajectoire d'une musique longtemps cantonnée aux rayons « monde » et désormais installée au centre du paysage. Le tokooos, ce style maison que l'artiste peaufine depuis une quinzaine d'années en mariant rumba congolaise, R&B et productions occidentales, y est pour beaucoup.

Ce second chapitre pousse la logique plus loin encore. Enregistré sur plusieurs années, distribué par Warner Music France sous le label Elektra, Délirium s'ouvre notamment sur Wanna Dance et Prosternez-vous, deux titres qui résument assez bien le grand écart assumé du disque : l'un tourné vers le dancefloor, l'autre vers la solennité des grandes ballades à guitare.

Pourquoi ça compte pour les radios hits

Parce que l'afro-pop francophone n'est plus une curiosité de playlist mais un réservoir à tubes. Les productions de ce type de projet circulent aussi bien en radio généraliste que dans les sets électro, où les lignes de guitare sèche et les percussions se remixent avec une facilité déconcertante. Un album aussi copieux offre mécaniquement plusieurs points d'entrée selon les formats : un mid-tempo pour la matinale, un up-tempo pour la soirée.

Reste à voir comment le public répondra à cette seconde livraison, et si le duo d'albums saura transformer l'essai commercial du printemps. Une chose est sûre : à vingt ans de carrière solo, Fally Ipupa n'a visiblement aucune intention de lever le pied.