Il y a des disques qui se contentent d'accompagner l'été. Et puis il y a ceux qui reconstruisent une salle entière autour de vous. AHHCade, septième album studio de PNAU sorti ce vendredi 31 juillet chez etcetc, appartient clairement à la seconde catégorie. Le duo australien formé par Nick Littlemore et Peter Mayes y transforme le souvenir d'une salle d'arcade en manifeste dance : onze titres, une flopée d'invités, et cette idée tenace qu'une machine peut fabriquer de l'émotion pour peu qu'on lui prête un cœur.

Onze titres, autant de rencontres

La liste des collaborateurs donne le vertige, et elle explique largement pourquoi l'album refuse de tenir dans une seule case. On y croise le duo hip-hop américain EARTHGANG accompagné de sadMONTH sur « Nirvana », Master Peace sur « Chemistry », Kurtis Wells sur « Serotonin », le groupe de rock mexicain The Warning sur « Tu Corazón », The Flints sur « Undone », Maleigh Zan sur « Crash », ou encore Marieme, appelée à deux reprises sur « Heart Beats » et « Eternal ». Deux noms retiendront particulièrement l'attention des oreilles habituées à nos antennes : le Français Kungs, présent sur « Light Me Up », et le duo italien MEDUZA, qui referme le disque avec « Rollin ». De quoi garantir à l'album quelques passages appuyés sur les playlists dance de la rentrée.

« Des chansons de cœur », version électronique

Interrogé au moment de l'annonce du projet, Nick Littlemore résumait sa démarche d'une formule qui colle parfaitement au résultat : « Nous fabriquons des chansons de cœur. Elles ont de l'électronique, elles ont de la technologie, mais ce sont avant tout des expressions du cœur. » Le duo évoque aussi cette image d'enfance des salles d'arcade, ces lieux saturés de bruits électroniques où tout semblait possible, et l'envie d'en extraire la joie née de la collaboration entre les humains et les machines. C'est exactement ce que l'on entend : des synthés qui clignotent comme des bornes, mais des refrains qui visent la poitrine.

Pour les collectionneurs, une édition limitée du vinyle a été pressée sur un 140 grammes bleu ciel, pochette gatefold dessinée par James Littlemore et deux titres bonus à la clé. Le tirage est volontairement modeste, ce qui devrait faire des heureux et quelques déçus.

La suite d'un long chemin

PNAU n'en est pas à son coup d'essai. Le duo, aujourd'hui basé aux États-Unis, avait publié Hyperbolic en 2024, un album qui alignait déjà Troye Sivan, Ladyhawke ou Empire of the Sun et qui lui avait valu une nomination aux AIR Awards 2025. AHHCade prolonge cette logique d'atelier ouvert, où chaque morceau naît d'une rencontre. C'est peut-être là sa plus jolie réussite : un album de club qui sonne comme une bande de copains plutôt que comme une démonstration de production.

À retrouver dès maintenant sur les plateformes, et bientôt dans la programmation de Vertige Dance.