La Colombienne n'avait plus rien à prouver côté tubes. Elle avait sans doute encore quelque chose à dire. Sorti le 7 août chez Bichota Records et Interscope, « No Me Arrepiento de Sentir Tanto » – « je ne regrette pas d'avoir tant ressenti » – est le sixième album studio de Karol G, et le plus personnel de sa carrière.

Quatorze titres, quarante-trois minutes, zéro armure

Le programme tient en une phrase de l'artiste elle-même : accepter chaque émotion plutôt que se cacher derrière une force permanente. Amour, tristesse, vulnérabilité, reconstruction – le disque assume une palette plus large que les bangers reggaeton qui ont fait sa réputation, sans pour autant abandonner le groove latino urbain qui reste sa signature.

Côté invités, la liste a de quoi faire tourner les têtes : Drake, Bruno Mars, mais aussi les Espagnols Judeline et Rusowsky, et Greg Gonzalez, la voix de Cigarettes After Sex. Un casting qui dit bien l'intention : mélanger les mondes, les langues et les températures.

Le pari de la nuance

La critique internationale a globalement salué ce déplacement du curseur : moins de démonstration, plus de respiration. C'est un pari, quand on remplit des stades, que de proposer un album où les morceaux les plus marquants ne sont pas forcément les plus rapides. Rassurez-vous : il reste de quoi faire bouger le dancefloor, et les remixes club ne devraient pas tarder à arriver.

Sur Vertige Dance, on garde un œil – et une oreille – sur les extraits qui s'imposeront cet automne. Un album de rupture, au sens propre comme au figuré, signé par une artiste qui a choisi de ressentir fort plutôt que de paraître solide.