Trois ans après « Good Lies », le duo gallois Overmono est revenu le 7 août avec « Pure Devotion », publié chez XL Recordings. Onze titres, et une ambition affichée : pousser encore plus loin cette signature devenue immédiatement identifiable, faite de basses qui cognent au sternum et d'accords étonnamment tendres.

Le studio comme instrument

Ce qui frappe d'abord, c'est la méthode. Les frères Tom et Ed Russell n'ont pas cherché le son numérique impeccable : ils ont malmené leur matériel. Bandes passées sur des aimants, sons repassés à travers de vieux haut-parleurs, effets hardware vieillissants poussés dans leurs retranchements. Les sessions d'écriture, menées en résidence en Espagne puis en Islande avec pour tout bagage deux synthétiseurs et une unité d'effets, expliquent en partie cette texture rugueuse.

Le résultat n'a rien d'austère pour autant. « Lockup », dévoilé en amont, donne le ton : la pression rythmique des sets live du duo, mais avec un travail de sound design d'une précision inhabituelle pour un disque de club. Les invités — John Joseph Holt, Ruthven, Kindora et Rock Floyd — apportent des voix qui humanisent l'ensemble sans jamais casser la transe.

Un disque pensé pour la scène

Overmono a marqué la sortie par son plus grand concert londonien à ce jour, à guichets fermés à l'Old Royal Naval College de Greenwich. Une manière de rappeler que ces morceaux existent avant tout pour être joués fort, dehors, au milieu d'une foule.

« Pure Devotion » confirme ce que la scène électronique britannique pressentait depuis « Good Lies » : Overmono fait partie de ces rares projets capables de tenir ensemble l'exigence sonore et l'efficacité pure. À écouter fort, de préférence.